L’enseignement et la recherche dans les universités africaines: les normes du CAMES et du REESAO

Introduction

Il me revient d’entretenir, en quelques minutes, cette auguste assemblée sur un sujet sensible : l’enseignement et la recherche dans les universités africaines : les normes du CAMES et du REESAO.  J’aurais eu le vertige si dans le libellé, la portion rectificatrice et limitative : « les normes du CAMES et du REESAO » ne venait pas circonscrire le sujet et le situer d’emblée dans l’espace du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur auquel appartient celui du Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest. En l’absence de cette précision, j’aurais travaillé tel un consultant recherché pour la banque mondiale, charriant et livrant des informations de tous niveaux et de toutes tailles avant de terminer ma glose par des suggestions. Heureusement, dans le sujet qui nous intéresse, je présente mon aire de réflexion en indiquant que le CAMES, né en 1968, devrait couvrir originellement les pays francophones de l’Afrique de l’ouest, ceux de l’Afrique centrale, et de l’est et Madagascar. L’expression de la volonté des états fait qu’il ne compte que 12 pays. En son sein est né en octobre 2005, le REESAO. Il compte aujourd’hui 15 universités ou institutions de formation universitaire. Poursuivant la clarification du champ conceptuel du sujet, je définis, de façon lapidaire, l’enseignement comme un acte communicationnel au cours duquel quelqu’un transmet à un sujet, et dans un domaine donné, le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. L’enseignement intègre donc la connaissance au sens basique du terme, l’apprentissage et la performance en tant que tout à la fois capacité d’absorption, de compréhension, de réinvestissement  dans la créativité et disposition à travailler pour la paix et la cohésion sociales. L’enseignement vise donc à créer un homme intégral connaissant les réalités de son milieu et travaillant à son évolution d’une part, maîtrisant celles du monde qui l’entoure, d’autre part. L’on ne peut définir la recherche sans loucher du côté de l’université. L’université est généralement perçue comme un établissement d’enseignement supérieur dont l’objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission par l’enseignement et sa diffusion par les publications. De ce fait, la recherche scientifique et l’enseignement constituent les deux missions premières de l’université dans la conception traditionnelle de cette institution. Pour sa part, la recherche se définit comme  l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer des connaissances scientifiques dans un domaine donné. Elle implique les cadres institutionnel, juridique, social, économique. La recherche à l’université est plurielle : elle recouvre des réalités très hétérogènes, mais on peut en retenir deux types principaux : d’une part, la recherche fondamentale, celle qui est entreprise principalement (pas toujours exclusivement) en vue de produire de nouvelles connaissances indépendamment de perspectives d’application et qui alimente l’enseignement  et, d’autre part,  la recherche appliquée, qui, elle, est dirigée vers un objectif pratique, vers la résolution des problèmes de développement, par exemple.  Qu’elle soit fondamentale ou appliquée, la recherche requiert plusieurs niveaux d’organisation : on peut évoquer le niveau des institutions (écoles doctorales), le niveau national, régional, international, interuniversitaire. Ce qu’il convient de retenir, c’est que la recherche scientifique s’effectue généralement dans des lieux particuliers qui offrent aux chercheurs les moyens d’exercer leurs activités. Ces lieux peuvent être des laboratoires ou des centres de recherche ou le terrain. Enfin, on peut définir la norme comme un état habituel répandu ou moyen considéré le plus souvent comme une règle à suivre. Elle désigne un ensemble de caractéristiques qui décrivent un objet virtuel ou non. La norme sous-entend  des jugements de valeur. En résumé, une norme est un critère, un principe inaliénable de discrimination auquel se réfère implicitement ou explicitement un jugement de valeur. La norme sert à authentifier, à accréditer ou à certifier. Il découle de ces différentes définitions la question de réflexion suivante : quels principes et critères servent à réglementer un enseignement de qualité et une recherche dynamique dans l’espace du CAMES et du REESAO ?

Pour répondre à cette question, nous suivrons le plan suivant :

  1. L’enseignement et la recherche dans les espaces CAMES et REESAO : état des lieux

    • l’enseignement et la recherche

    • Le CAMES et ses différents programmes

  2. Les critères ou normes d’évaluation du CAMES

    • Le CAMES évalue les enseignements et la recherche

    • Les procédés

  • Le REESAO réglemente l’enseignement et la recherche

    • Enseigner autrement en LMD

    • La recherche

      Conclusion

 

  1. L’enseignement et la recherche dans l’espace CAMES et REESAO : état des

  • l’enseignement et la recherche

  • l’enseignement avant et un peu après les années 60

A la naissance de la quasi-totalité des universités francophones, les unes avant[1] les années  60,  d’autres,  peu après[2] les années 60, d’autres encore plus tard et les plus jeunes universités d’Afrique nées de la volonté des états de décentraliser et de démocratiser la formation universitaire[3],   l’enseignement supérieur était, en grande partie, le résultat d’un héritage colonial, celui de péripéties socioéconomiques et politiques postcoloniales. Il était généralement calqué sur celui dispensé dans la métropole colonisatrice. Mais avec l’évolution, il a intégré et intègre encore les récents développements dans les méthodes d’enseignement. Il en résulte une sorte d’harmonisation des systèmes universitaires d’un pays à l’autre, caractérisée par une structure similaire, une même diversité de programmes d’études, de qualifications et de diplômes. L’assurance de la qualité et du contrôle de la qualité des enseignements étaient garantis par la présence d’assistants techniques plus ou moins enseignants d’université. Tant que l’université-mère de la métropole contrôlait les programmes d’enseignement dispensé dans l’université à elle rattachée, l’enseignement était accepté et la certification acquise. Mais au fil de l’avancée dans les indépendances, le rôle de l’autorité des états s’est accru. Les départements en charge de l’éducation se sont intéressés de plus en plus aux universités comme pour y exprimer la part de souveraineté nationale qui y manquait. Ils affirment davantage leurs pouvoirs de contrôle sur les administrations et les organes dirigeants des universités. Ce rôle accentué de l’état a eu pour conséquences les nominations à des postes de responsabilité et d’administration de l’université sur la base des considérations politiques et ethniques,  le départ des expatriés, le déclin de la qualité de l’enseignement supérieur : la plupart des universités francophones étaient donc sous-tutelle. Parfois, les dissensions politiques considérées comme provenant des universités et des universitaires ont contribué au délaissement de l’enseignement supérieur par l’autorité politique et, par ricochet, à l’instauration d’une forme d’anarchie dans les formations.

D’autre part, le désengagement financier du colonisateur, intervenu peu après les années 60, sous prétexte d’une réorientation de l’aide, amoindrit les ressources financières de l’université désormais laissée à la charge du budget national, et contribue à y installer la précarité, car les petits budgets des nouveaux états, récalcitrants et imbus de leur souveraineté, étaient incapables de subvenir aux importantes dépenses en université. On pouvait leur dire que l’enseignement supérieur était un luxe.

Cependant, en dépit de ce climat morose et de suspicion du niveau des diplômes (Propédeutique,  DEUG, Licence, Maîtrise), les pays francophones constituent entre eux et du fait de la similarité des cursus universitaires, comme un espace virtuel de mobilité des étudiants et des produits de leurs systèmes d’enseignement supérieur de sorte que le diplômé dahoméen d’alors ou l’étudiant pouvait aller travailler ou continuer ses études au Congo Brazzaville, au Tchad, au Gabon, en Côte-d’Ivoire et, relativement, vice versa. L’enseignement supérieur jouait un rôle important dans le soutien apporté à d’autres niveaux éducationnels. Il fournissait des enseignants aux établissements secondaires et à d’autres établissements d’enseignement supérieur, à la formation des gestionnaires de l’éducation et à la conduite de la recherche visant à améliorer les performances du secteur.   

 

  • la recherche avant et un peu après les années 60

En ces périodes, la recherche universitaire balbutiait. Les jeunes institutions universitaires offraient peu de structures formalisées de recherche  (laboratoires, centres de recherche, organe de publication, etc.). Les enseignants, pour leur part, continuaient des réflexions commencées avec la préparation de la thèse et pouvaient s’inscrire à une formation postdoctorale pour soit préparer une publication, soit commencer ou achever leur thèse d’Etat ; ces formations étaient proposées par la métropole à travers des programmes hautement sélectifs pour aider à l’élévation du niveau de qualification des enseignants. Au fur et à mesure que les effectifs des étudiants et des enseignants des universités augmentaient, il fallait trouver un système de gouvernance plus performant capable de permettre à l’université de jouer son rôle de pourvoyeur en cadres compétents et compétitifs en matière de développement et celui de création des industries par la recherche.

  • Le CAMES et ses différents programmes

 

L’avènement du CAMES en 1968 représente un processus formel d’agrément et de certification dans l’enseignement supérieur africain. L’organisme s’intéresse à l’enseignement et à travers lui l’enseignant et l’enseigné ; il s’intéresse également à la recherche. On peut schématiser ses actions de la façon suivante :


[1] Dakar 1957, Kinshassa 1954

[2] Ouagadougou 1964, Université nationale de Côte d’Ivoire 1964, Université de Conakry 1963, Université de Lomé 1962, université de Bangui 1969, université de Brazzaville –Marien Ngouabi- 1971, université nationale du Gabon devenue plus tard université Omar Bongo 1978

[3]  L’université de Bamako 1996


A l’observation, cet  enchevêtrement montre une organisation dont le souci s’étale à deux niveaux principaux : doter d’enseignants qualifiés et  doter de chercheurs chevronnés  les communautés. Par un processus de causalité et venant en droite ligne de la recherche, les publications des enseignants dans les revues spécialisées homologuées fournissent la matière des enseignements et permettent de qualifier les enseignants eux-mêmes jusqu’au niveau le plus élevé de professeur. Les programmes des CTS et agrégation y travaillent et chaque année, depuis sa création, l’effectif des candidats à l’inscription sur les différentes listes d’aptitude aux fonctions d’enseignant et de chercheur est en constante évolution. Pendant ce temps, la garantie de validité, de lisibilité et de traçabilité des diplômes est attestée par le programme de  reconnaissance et d’équivalence des diplômes, qui concerne aussi bien les établissements publics d’enseignement supérieur que privés. La philosophie du CAMES est l’évaluation des enseignants et des chercheurs. On peut se demander par quels procédés se fait cette évaluation et en quoi l’enseignement et la recherche se trouvent valorisés.

 

II-Les critères ou normes du CAMES

  1. le CAMES évalue les enseignements et la recherche

Sans en donner l’air, le CAMES évalue les enseignements et la recherche au sein des établissements d’enseignement supérieur des états membres. Il a vulgarisé, dans ses documents,  quelques règles élémentaires  auxquelles doivent s’astreindre les établissements d’enseignement supérieur. Même si certaines sont adossées aux règles édictées par l’UNESCO pour le sous-secteur, le CAMES en a

promulguées certaines de spécifiques dont l’examen dénote du souci de baliser le terrain de l’enseignement et de la recherche. Ce sont :

tout jeune enseignant recruté doit être placé sous la responsabilité scientifique d’un superviseur motivé ;

les masses horaires annuelles et semestrielles ; deux heures par semaines à raison de vingt-six semaines pour l’année académique ;

les enseignants les plus gradés doivent enseigner dans les premières années et dans les écoles doctorales. Leur expérience profite aux étudiants du premier cycle pour une formation de bon niveau tandis qu’ils aident dans les écoles doctorales à mener convenablement la recherche.

Poussant davantage son action de contrôle, il passe par le biais des candidatures à l’inscription sur les listes d’aptitude pour contrôler et valider les enseignements, qualifier les enseignants et certifier la recherche.

Les procédés

 2.1.  L’enseignement

A chaque liste d’aptitude est attaché un dossier certificatif d’enseignement. Il existe donc une fiche pédagogique sur laquelle le candidat indique les masses horaires dispensées, les titres de ses enseignements et les années tenues. Il y mentionne les colloques et séminaires auxquels il a participé. En sus de ces indications non confidentielles, il se soumet, pour le grade de maître assistant, à deux inspections ou visites de classe. Les qualités recherchées sont la facilité de la communication, l’intérêt et la fiabilité de la logique du déroulement  de l’enseignement, la participation des étudiants. L’inspecteur fait un rapport circonstancié et confidentiel de ce qu’il a observé lors des visites de classe. Si l’agrégation se présente comme un raccourci pour arriver au grade de Maître de Conférences, elle a ses contraintes. Le candidat, en plus de remplir des fiches pédagogique et de recherche, il se soumet à donner des leçons théoriques et pratiques devant un jury de spécialistes. Par ce biais, le CAMES vérifie son aptitude à être un bon enseignant et un bon chercheur.

          2.2.  La recherche

Elle aussi dispose d’une fiche sur laquelle le candidat décrit ses activités de recherche durant les trois dernières années, les publications en découlant et les perspectives envisagées. Cette fiche visée par le directeur de recherche est complétée par un rapport confidentiel de celui-ci, qui présente, analyse les activités de recherche du candidat et y donne son appréciation.

Chaque candidature est accompagnée d’un nombre de publications fixé par le Comité technique spécialisé concerné. Les chercheurs, pour leur part, sont obligés de publier des articles de vulgarisation. Le nombre en est indiqué par le CTS. Agrégé et autre gradé sont obligés de faire des publications de haut niveau et de donner la preuve de leur capacité d’encadrement de la relève avant de passer le grade terminal de professeur titulaire ou de directeur de recherche. Au demeurant, il apparaît clairement que le CAMES a un droit de regard sur la validité de l’enseignement et de la recherche dans les universités des pays membres. Non seulement il procède à l’homologation des revues spécialisées dont il publie la liste actualisée périodiquement, mais il anime lui-même des revues thématiques.

       2.3. La reconnaissance des diplômes et les équivalences

Lors d’une session annuelle, le CAMES homologue les diplômes délivrés dans les établissements publics comme privés. Ce programme examine les enseignements, les programme de formation, les grades du personnel y consacré, les installations et les équipements des établissements. Il permet par là de distinguer les institutions crédibles et les diplômes valables qui s’y délivrent. On peut conclure globalement ce qui suit :

laissant à chaque pays membre d’organiser son système d’enseignement supérieur comme il veut mais en respectant les normes internationales, le CAMES intervient en dernier ressort pour exercer une action de contrôle sur les enseignements, la recherche, les diplômes délivrés et les établissements de formation ;

ce faisant, il met à la disposition de l’Afrique et du monde des enseignants et des chercheurs d’un excellent niveau. Les plus méritants d’entre les méritants sont couronnés par les Palmes académiques internationales ;

le CAMES vit avec son temps, c’est pourquoi, depuis ces dernières années, il demande aux institutions d’enseignement universitaires des pays membres de procéder au basculement de leur programme dans le système LMD.

A cet effet, il a édité un opuscule détaillant les outils technique du système LMD.

Cependant, lui emboîtant le pas, le REESAO s’est lancé résolument dans l’adoption du système LMD. Quelles règles propose-t-il pour l’enseignement et la recherche ?    

III- Le REESAO règlemente l’enseignement et la recherche

 A sa création en octobre 2005, le REESAO exprime sa forte volonté de basculer dans le système LMD en Octobre 2011. Pour ce faire, il organise quinzaine de séminaire régionaux tournants avec des thèmes divers et intéressants afin de procéder à une appropriation correcte par les ressortissants des pays membres des rouages du système. Deux  séminaires tenus à Ouagadougou au Burkina Faso et à l’université Gaston Berger de St Louis au Sénégal se sont intéressés aux thèmes intitulés : « enseigner autrement en LMD », « étudier autrement en LMD » et « la recherche et les écoles doctorales »

Enseigner autrement en LMD

Ce séminaire a servi à décloisonner les mentalités des enseignants en les informant que, dans leur travail d’enseignement, ils sont des guides et non des détenteurs incontournables de la science. Le guide aide l’apprenant à marcher sur les sentiers ardus de l’apprentissage et de la domestication de la connaissance. Pour cela, l’enseignant doit adopter des méthodes modernes d’enseignement. Elles l’obligent à mettre à la disposition des apprenants ses notes de cours, ses plans de cours et une bibliographie indicative. Il lui revient également d’indiquer les centres où la documentation est accessible aux étudiants, car ils doivent participer activement à la réalisation de leur projet de formation.

L’enseignement se fait par semestre et doit être évalué par objectif en deux sessions. La deuxième session reçoit, après des séances de remédiation,  les étudiants qui ont échoué à la première. Afin d’organiser de bonnes séances de remédiation, il importe de prévoir des tuteurs. Car le LMD exige l’échec zéro. Dans le cas où l’échec est inévitable, un système de réorientation doit être mis en place parce que tout apprenant devra sortir avec une formation.

L’enseignement doit viser à inculquer le savoir-connaissance, le savoir –faire source de créativité et d’initiatives hardies et le savoir-être qui intègre l’apprenant exerçant un métier au sein de la communauté pour y cultiver des relations humaines correctes et la paix sociale. Dans tous les cas, l’enseignant doit se convaincre que la formation qu’il donne doit déboucher sur une employabilité de l’apprenant.

La recherche

La mise en place du LMD permet à l’Université de disposer d’un cadre institutionnel en vue de :

impulser la recherche,

promouvoir la formation à la recherche,

prendre en charge l’encadrement des doctorants,

contribuer à résoudre les problèmes stratégiques de développements des pays africains,

répondre aux besoins de recherche des entreprises publiques et privées, des collectivités décentralisées, des ONG, de différentes structures de la société civile,

participer à la diffusion des savoirs au sein de la société,

prendre toute sa place dans le renforcement du rayonnement scientifique international de l’Afrique.

 

2.1. Quel type de recherche à l’Université

      – fondamentale

– appliquée

La recherche appliquée pose beaucoup de problèmes liés au manque d’équipements dans les laboratoires (coûts très élevés des installations techniques). Ce qui a fait dire au président Paul BIYA du Cameroun : « nous n’avons pas des structures de recherche aussi sophistiquées et aussi développées qu’en Europe, mais il est bon tout de même que nous apportions notre contribution à la recherche. »

       

Cadre juridique 

La recherche est organisée à plusieurs niveaux : le niveau individuel, le niveau collectif. Elle doit se faire dans les écoles doctorales, les laboratoires, etc.

A travers la réforme LMD, l’Université doit mettre en place un système d’évaluation à la fois permanent et périodique de la recherche, de la formation à la recherche et de son cadre institutionnel. Elle doit être ainsi attentive au développement d’une recherche de qualité enracinée sur les besoins du pays et de l’Afrique et en respectant les critères internationaux. En outre, la recherche participe de manière décisive à la formation de l’expertise des enseignants-chercheurs et à leur promotion. L’Université a besoin de ressources humaines de qualité, elle a le devoir de sortir l’activité de l’informel dans lequel elle a évolué jusqu’à présent.

Moyens financiers, humains et techniques 

Des moyens financiers subséquents, techniques et humains doivent être mis à la disposition des écoles doctorales et des chercheurs par des subventions, la possibilité des prestations de services aux entreprises, autorités territoriales et à l’état lui-même. Des facilités de brevets devraient mises en place.  De plus, l’on doit procéder à des recrutements d’enseignants et de chercheurs avec une maîtrise des TIC qui permet une bonne exploitation des sites scientifiques et des bibliothèques en ligne.

En outre, la recherche apparaît comme un moyen essentiel dans le financement des universités. Il s’agit de créer le cadre institutionnel lui permettant de tirer profit de diverses opportunités de  financement.

Valorisation et vulgarisation de la recherche 

Les chercheurs devront avoir à cœur de mettre les résultats de leurs recherches à la disposition du public par des animations scientifiques, des publications et des articles de vulgarisation, par des échanges avec l’extérieur.

 

Recherche et développement  

Le développement d’une activité soutenue de recherche orientée vers le développement est le principal moyen d’intégration de l’Université avec les entreprises et la société. Elle est la garantie d’une meilleure adéquation des formations dispensées avec les besoins présents et futurs d’emploi, et favorise par conséquent une meilleure insertion des étudiants dans le monde professionnel. Il faut encourager la recherche appliquée.

Recherche et coopération 

Le séminaire recommande que la recherche  promeuve la coopération entre les laboratoires nationaux et internationaux ainsi que la coproduction et la codirection des travaux de recherche.

Conclusion

Nous avons vu que dans les années de balbutiement de l’enseignement supérieur, il n’existait presque pas de normes d’évaluation des enseignements et de la recherche. Avec la création du CAMES, les choses ont changé. Le CAMES, faisant la promotion des enseignants, vérifie leurs enseignements et leurs activités de recherche avant de les inscrire sur les différentes listes d’aptitude aux diverses fonctions enseignantes. Bien qu’il n’ait pas édicté des règles autres que celles de l’UNESCO, les enseignants se plient à ses directives. Cela les oblige à travailler pour réussir le passage dans les grades. Pour sa part, le REESAO, en voulant préparer à l’adoption du LMD, a monté des normes pour enseigner en LMD et y faire de la recherche. On peut espérer que d’ici à quelques années, l’enseignement et la recherche seront plus performants en Afrique.

Je vous remercie

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