RÉSUMÉ de la thèse

Oro est un culte identitaire des Yoruba-Nago. Il se pratique au Nigeria, dans le yoruba Land, et au Bénin, dans le département du plateau et l’ancien royaume de Savè, deux régions peuplées essentiellement de populations Nago. La divinité Oro occupe une place importante dans le panthéon yoruba. Paradoxalement, elle est moins connue, du moins dans le domaine de la recherche. La présente étude s’intéresse à la pratique du culte au Bénin. Elle est consacrée à l’examen des paroles qui accompagnent les gestes pendant les rituels. Après avoir décrit le cadre de la recherche et la sociologie du culte, elle procède à l’analyse du corpus de références. Prenant appui sur l’approche endogène des créateurs de ces paroles et certaines théories de l’agir communicationnel, elle démontre que les paroles proférées pendant le culte sont des paroles littéraires. Celles-ci s’énoncent suivant trois modes qui sont : parlé, chanté ou tambouriné.
Un examen minutieux de leur contenu thématique permet d’établir qu’elles sont un espace d’exécration du désordre, mais aussi une quête de l’ordre.
Les différentes paroles isolées à l’intérieur de chaque rituel utilisent, dans leur déploiement, une panoplie de ressources expressives. Les plus prégnantes sont la métaphore, la répétition et le grossissement. Le rejet du désordre s’appréhende à travers la modalité négative, certaines expressions verbales et lexicales dépréciatives , puis des comparants péjoratifs. Quant à la quête de l’ordre, elle est portée par certaines marques aspecto-verbales, des expressions verbales et nominales injonctives, des expressions de souhait et des comparants mélioratifs.
Au bout du compte, l’étude parvient à la conclusion que les paroles proférées pendant le culte Oro sont traversées par une poétique d’opposition. Celle-ci est révélatrice de la philosophie du culte : combattre le désordre sous toutes ses formes et œuvrer à l’établissement permanent de l’ordre, pour le bonheur de la communauté. D’où la vision humaniste du culte.

Bio Sourou Oladélé YAYI.