Deux mémoires de DEA seront soutenus le lundi 17 juin 2019 par mesdames Comfort Capo-Chichi et Christelle Ouassa. Leurs s’intitulent respectivement : <Personne et nom dans les couvents vodun de Savalou> et <Onomastique et écriture romanesque dans L’esclave de Félix COUCHORO, Un piège sans fin d’Olympe BHÊLY-QUENUM et Les tresseurs de corde de Jean PLIYA>. Voici le résumé-synthèse qu’en donne le Responsable du LABRETO, le professeur Ascension BOGNIAHO.

En Afrique et au Bénin, le nom de personne est un signe ethnolinguistique. Il nomme et désigne un individu. Le plus souvent attribué par les parents, il porte un sens; celui-ci peut se référer à une histoire, une attente, un succès, une déception, voire la circonstance de la naissance. Le nom représente la personne.Comme la graine jetée en terre germe, grandit et donne d’autres graines, ainsi le nom illustre son contenu sémantique par les réalisations de l’existence du porteur. Aussi, ai-je écrit quelque part que le nom est comme un livre ouvert dont les parents écrivent les premières pages et que le porteur se charge d’en achever l’écriture. Son importance est si grande que la société apporte un soin à son choix et à son imposition. Parole courte et ramassée, il porte en lui le même statut de déité que le verbe, son essence. Le nom est donc sacré, un caractère qui interdit tout badinage à son sujet.Parce qu’il signe une naissance, le nom est récupéré par les religions endogènes afin de désigner les fidèles consacrés. Naissant à une nouvelle vie, celle de leur divinité, ces religieux traditionnels perdent leur nom de naissance familial pour répondre à celui de leur consécration. Il est soigneusement choisi pour raconter, décrire l’histoire totale de la relation du fidèle à son Dieu, ou celle des parents au numineux d’allégeance de leur enfant.

Les deux mémoires de DEA de mesdames Comfort CAPO-CHICHI et de Christelle OUASSA, qui seront soutenus le lundi 17 juin 2019, s’inscrivent dans l’étude du nom, science appelée l’onomastique.
La première examine la sociologie et la sémantique de la personne et du nom des couvents vodun à Savalou, une localité du centre du Bénin. Amenée à observer les circonstances d’attribution des noms de couvents des fidèles de vodun, la chercheure met en relief leurs significations afin d’en faire sentir, en filigrane, la poéticité. Son travail embrasse ainsi le secteur plus pointu de la dialectologie au sein de l’onomastique.

La seconde étude s’intéresse aux noms des personnages de récit dans les œuvres romanesques de trois auteurs béninois, Félix COUCHORO, Olympe BHÊLY-QUENUM, Jean PLIYA. Dressant une typologie des personnages de chaque auteur, elle en reconnaît deux types: les personnages aux noms à significations et ceux dont les noms n’en ont pas. Elle procède à l’explication du sens des noms signifiants pour montrer leurs influences dans l’écriture de l’œuvre romanesque.
On déduit des deux recherches que le nom, où qu’il soit attribué et utilisé, marque le porteur en influençant fortement sa vie. De même sa présence dans une œuvre de fiction romanesque oriente le récit et l’amène à atteindre le but du projet d’écriture ou esthétique, de même, utilisé dans le domaine sacré, il oriente fortement l’existence de la personne consacrée, vouée à une obéissance totale à sa divinité. Ces deux types de noms, profané fictif et sacré réel, recèlent une bonne dose de poéticité qui en fait de la littérature.

                                                                                                                                                Ascension BOGNIAHO